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samedi 28 mai 2011
jeudi 12 mai 2011

« Le promeneur est un expert de l'attention flottante, un amoureux des apparences. Sans but précis, il laisse venir à lui, au gré du hasard, des images — détails, fragments, vision panoramique — qui l'entrainent à la rêverie, donnent à sa pensée des résonances imprévues. Il rêve et pense en même temps, dans un tressage des deux, qui n'est pas l'un des moindres charmes de la promenade. [...] la vraie promenade est solitaire. Non en tant que parenthèse de solitude dans une existence ancrée dans la société, mais en tant que prise de conscience d'un état de solitude chronique, irrémédiable. »
Chantal Thomas, Comment supporter sa liberté (1998).
jeudi 27 janvier 2011
A Reflection

« And I remember, as if it were today the marvels themselves. What thrilled me so deeply was an ordinary suburban street, filled with lights and shadows, which transfigured it. Several trees stood about, and there was in the foreground a puddle reflecting invisible house façades and a piece of the sky. Then a breeze moved the shadows, and the façades with the sky below began to waver. The trembling upper world in the dirty puddle—this image has never left me. »
[« Ce qui m'avait si profondément remué était une rue ordinaire de banlieue avec ses lumières et ses ombres qui la transfiguraient. Il y avait quelques arbres et, au premier plan, une flaque dans laquelle se reflétaient les façades des maisons invisibles ainsi qu'un morceau de ciel. C'est alors que le souffle du vent fit bouger les ombres, et les façades avec le ciel au-dessous commencèrent à onduler. Le monde d'en haut tremblant dans la flaque sale : cette image ne m'a plus jamais quitté. »]
Siegfried Kracauer, Theory of Film. The Redemption of Physical Reality (1960).
mercredi 17 septembre 2008
MIR]ror im[AGE

« Selon Kracauer, on ne peut […] plus éviter de prendre pour point de départ la réalité morcelée et chaotique du monde moderne, celle de la grande ville. Pour éviter le piège simmélien de la digression à l’infini, il convient de considérer ce paysage urbain dans une perspective mélancolique, comme le reflet négatif d’un absolu qui a été perdu. Les formes culturelles modernes doivent être lues comme les indices d’un manque vers lequel elles font signe. »
lundi 4 février 2008
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